Pourquoi on bâtit un catalogue de produits — et ce que ça change pour tes prix

Pourquoi on bâtit un catalogue de produits — et ce que ça change pour tes prix

« 410 à 650 ml, assorti, 3,79 $ » n'est pas un produit, c'est une offre. On bâtit un catalogue où chaque format a sa propre fiche, pour que les comparaisons et l'historique de prix parlent enfin du même paquet.

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« 410 à 650 ml, assorti, 3,79 $. »

Lis cette ligne comme un produit et tu vas comparer des choses qui n'en sont pas. C'est le genre de ligne qu'on trouve toutes les semaines dans les circulaires — et jusqu'ici, on la traitait un peu comme un produit.

Ce qu'on bâtit en ce moment, c'est un catalogue de produits : une fiche durable pour chaque format vendu au Québec. Voici pourquoi, et ce que ça change pour toi.

Un prix sans produit ne veut rien dire

Un rabais se mesure toujours de la même façon : le prix d'un produit, comparé au prix du même produit ailleurs, ou à un autre moment.

Toute la difficulté est là : « le même produit ». Dans une circulaire, une seule ligne peut vouloir dire :

  • un format précis (Barilla spaghetti 410 g) ;
  • une fourchette (410 à 650 ml) ;
  • plusieurs saveurs à la fois (« assorti ») ;
  • plusieurs formats à la fois (« 170 g ou 225 g »).

Aucune de ces quatre choses n'est un produit. Ce sont des offres : un prix affiché par une épicerie, pour certains formats, à certaines dates, dans une région, avec ses conditions (carte de fidélité, 2 pour 5 $, limite de 4).

Quand on les traite comme des produits, ça donne deux résultats : des comparaisons qui rapprochent deux choses différentes, et des fiches qui affirment un format que la circulaire n'a jamais imprimé.

Ce qu'on a trouvé dans nos propres données

Un exemple qu'on peut citer, parce qu'il est sorti de nos vérifications : une carte de rabais affichait « 473 g » pour une circulaire IGA qui imprimait « 237–473 ml ». Le format montré ne venait pas de la circulaire.

Deux causes, toutes les deux banales :

  • une fourchette ou un « assorti » se fait enregistrer comme un produit ;
  • un format lu sur la ligne d'une autre épicerie est recopié sur celle-ci — et une copie n'est pas une preuve.

On a aussi, aujourd'hui, des dizaines de milliers de prix de tablette relevés en magasin qui ne sont pas encore rattachés à un format précis. Ils sont réels et justes, mais ils ne peuvent pas encore servir de comparaison : on ne sait pas avec certitude à quel paquet ils appartiennent.

Les mots qu'on utilise (et pourquoi ça compte pour toi)

Mot Ce que c'est Exemple
Marque Ce que tu choisis dans l'allée. Une marque maison en est une aussi. Barilla · Sélection
Produit Marque + nom du produit. Il regroupe les variétés. Sélection vinaigrette
Variété Le goût, le type, la forme. Tous les formats d'une même variété se comparent entre eux. César
Format Une variété dans un emballage précis. C'est ce qu'un code-barres identifie, et à quoi appartient un historique de prix. César 425 ml
Offre Le prix d'une épicerie, à certaines dates, avec ses conditions. Metro, 24–30 sept. : vinaigrette 410–650 ml, assorti, 3,79 $

La ligne « 410 à 650 ml, assorti, 3,79 $ » n'est donc pas un produit — et ce n'est pas non plus un format. C'est une offre qui couvre un groupe de formats. On va l'enregistrer comme telle, puis la rattacher à chacun des formats qu'elle couvre, sans prétendre qu'elle n'en est qu'un.

Ce bout-là change quelque chose de visible : ces annonces ne sont aujourd'hui joignables depuis aucune fiche. Des publicités conjointes qui existent bel et bien dans les circulaires ne se rendent pas jusqu'à toi.

« Assorti » n'est pas une saveur

Un détail qui a l'air technique et qui ne l'est pas : quand une circulaire dit « assorti », ça ne veut pas dire que toutes les saveurs sont en spécial. Ça veut dire que la circulaire n'a pas nommé les saveurs.

On va l'enregistrer pour ce que c'est : des variétés à confirmer, pas un produit qui les engloberait toutes. Pour toi, la différence est simple : une fiche ne doit jamais annoncer un prix pour une saveur que personne n'a annoncée.

Deux étiquettes, un seul paquet

Un paquet peut porter deux étiquettes. « 2 lb » et « 908 g », c'est le même paquet. « 1 lb » et « 455 g », non : ce n'est pas le même poids.

On a remplacé la tolérance approximative par une liste fermée de paires d'étiquettes qui existent réellement, plus les formats confirmés directement sur un paquet. Les comptes restent exacts, peu importe la taille : 12 × 200 ml n'est pas 1 × 2,4 L, et un paquet de quatre n'est pas un paquet seul.

Le corollaire compte pour la shrinkflation : un vrai changement de format est un nouveau paquet de la même variété. C'est exactement ce qu'on veut pouvoir voir — et c'est ce qui rend visible un paquet qui rétrécit.

Où on en est, honnêtement

  • Le catalogue n'est pas en ligne. Rien n'a changé pour toi.
  • Le premier morceau — celui qui arrête de fabriquer des « produits » à partir de fourchettes et d'ensembles — est écrit, testé, mais derrière un interrupteur fermé. Une revue indépendante a demandé des corrections avant qu'on l'allume ; c'est en cours.
  • Les 71 « produits » de ce type déjà créés seront convertis un par un, avec vérification humaine. Pas de migration qui décide toute seule dans ton dos.
  • Règle générale chez nous : une règle automatique commence par proposer, se fait confirmer, et ne s'exécute seule qu'après avoir fait ses preuves.

Ce que ça va changer pour toi

Quand ce sera en place, chaque format aura une page qui dit :

  • ce que c'est — marque, produit, variété, format — en français et en anglais ;
  • où il est en spécial cette semaine, et ce qu'il faut pour obtenir ce prix (carte, quantité, limite) ;
  • comment il se compare au litre ou au kilo avec les autres formats de la même marque ;
  • tous les prix datés qu'on a relevés pour ce format, par épicerie et par région.

C'est la même idée que le reste du site, appliquée un cran plus bas : le prix, pour vrai, ça commence par savoir de quel paquet on parle.

Cette semaine, compare avant d'acheter.

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